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  • Marie-Aude P.

Sweet Home Brittany ?

Mis à jour : 19 juil. 2019

Je suis rentrée. Chez moi, en Bretagne. Ici je me sens bien, mais pourquoi ? Sans doute d'abord parce que c'est le territoire que je connais le mieux. J'y suis née, j'y ai grandi. J'ai passé quelques longues périodes à l'étranger depuis que je suis adulte, mais toujours je reviens ici. C'est là que sont mes racines. C'est là que se trouve toujours ma famille proche. J'ai essayé Paris, elle et moi ça n'a duré que 8 mois. Pareil avec Montpellier, le temps d'une année universitaire. Je n'arrive pas à expliquer ce qui fait que je m'attache à un lieu plutôt qu'à un autre. Peut-être que c'est comme avec les gens ? Certaines personnes savent exactement ce qu'elles cherchent, chez les autres ou dans la vie en général. Moi je ne sais pas expliquer ce qui m'attire chez les autres. Bien sûr, le physique c'est important. Je ne dis pas que je ne suis attirée que par les belles choses, ou par les personnes belles physiquement. Et d'ailleurs, c'est quoi, la beauté ? Non, je ne succombe pas aux beautés traditionnelles, aux belles plastiques qu'on voit dans les magazines. Je me laisse charmer, par la façade d'une maison, par le sourire doux et bienveillant d'un homme, par le cri des mouettes sur une plage...


Je me sens à la maison parce que je suis en confiance, parce que je sais que je peux me laisser aller à être moi-même, parce qu'il n'y a pas de faux semblant.


Avec lui, je me suis tout de suite sentie à l'aise. On s'est côtoyés pendant plusieurs mois avant de se rendre compte qu'on se plaisait. Un matin, dans le bus, je me suis mise à repenser à une conversation qu'on avait eue, et je me suis rendue compte que je souriais toute seule. A force de discuter, de choses et d'autres, on s'est rapprochés, on s'est ouverts l'un à l'autre, on s'est fait confiance. On a lutté un peu pour ne pas succomber, parce que la situation était compliquée, parce que j'avais déjà décidé de rentrer en France à ce moment-là. Je me rends compte maintenant avec le recul que ce qui me plait le plus chez lui c'est sa confiance, son aplomb. Il sait toujours où il va et pourquoi. Pour moi qui me pose en permanence des tonnes de questions, c'est un sacré changement ! Il est très sûr de lui, de ce qu'il est, de ce qu'il veut, d'où il vient aussi. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi sûr et d'aussi serein. Et sa sérénité, il la transmet autour de lui, il est toujours encourageant, jamais il ne juge, ce qui ne l'empêche pas d'avoir des opinions, bien sûr. Très différentes des miennes, pour le coup ! Mais on a toujours réussi à en discuter. Ca aussi c'était un changement pour moi. J'ai toujours fuit les conversations qui pouvaient potentiellement être un conflit, parce que j'ai toujours eu l'impression que quelqu'un qui exprimait des opinions différentes des miennes était contre moi. J'ai appris grâce à lui que ça n'avait pas à être le cas, qu'on pouvait être d'accord de n'être pas d'accord, et que ça ne nous empêchait pas d'avoir un très grand respect l'un pour l'autre.


Ca a été notre perte, aussi, cette confiance en lui, parce qu'une fois qu'il avait pris la décision qui allait l'éloigner de moi, il était impossible de lui faire changer d'avis. On a énormément discuté, je l'ai harcelé de questions, je suis revenue à la charge souvent. Il n'a pas dévié de sa décision, qu'il était sûr d'être la meilleure pour nous deux. Et il n'a jamais perdu patience avec moi. Mes questions ont toutes trouvé une réponse, donnée avec simplicité et sincérité. C'est la première fois que j'ai eu une relation aussi mature, aussi courte fut-elle.



Quelle est donc cette nouvelle lubie de votre blogueuse bien-aimée de raconter sa vie avec tant de détails, vous demandez-vous ? Ce blog de voyage n'en est plus un, que se passe-t-il ? A-t-elle vraiment besoin de s'étaler ainsi en public ?


Vous commencez à me connaître, je suis quelqu'un qui se pose beaucoup de questions, et qui à l'occasion en pose plein aux autres... J'ai besoin de comprendre, toujours, à commencer par moi-même. Avec tous les chamboulements, émotionnels et géographiques, que j'ai connu ces dernières semaines, mon cerveau n'est même plus en ébullition, je crois qu'il a fondu. Alors écrire ce qui y traîne et s'y entrechoque m'aide à y voir plus clair, à faire le tri, et à avancer. Un genre de thérapie, en quelques sortes. Parce qu'il m'est plus facile d'écrire que de parler. Libre à vous de continuer à me suivre, je ne vous en tiendrai pas rigueur si vous décidez de me quitter.


Le retour au pays me force donc de nouveau à me remettre en question. On me demande souvent quelle est la suite ? Quel est le plan, maintenant que je suis rentrée ? Soyons clair, il n'y a pas de plan, pour l'instant. Ou plutôt, il s'échafaude au jour le jour. Je suis rentrée mais je n'ai pas de maison, par exemple. Mon appartement est toujours en location, je vis entre chez mes parents, chez ma soeur, dans mon van, chez qui veut bien m'accueillir (ceci est un appel :) ).

En quittant le Canada, j'étais à peu près persuadée que j'allais fermer le blog, aussi. Parce que je ne savais plus quel en était réellement l'intérêt. Aujourd'hui, en écrivant cette note, j'ai changé d'avis. Je veux continuer à écrire, mais il est à peu près certain qu'il ne sera plus consacré au voyage. Il risque de se transformer en fourre-tout, mais qu'importe s'il n'a pas de forme précise ! Le fourre-tout, ça me ressemble, on y trouve plein de choses, toutes sont utiles, il suffit de savoir où chercher.


Alors je vais continuer d'écrire tout ce qui me passe par la tête sur ces pages. Sans but précis. Quand j'ai commencé à écrire cette note, je n'étais pas très sûr de la direction dans laquelle j'allais, et je ne savais pas que j'y raconterais ces choses intimes, par exemple.

Je vais continuer de publier mes photos aussi, bien évidemment. Là aussi j'avance, je crois. Je fais des progrès, peut-être ? Je ne sais pas. Je sais que je ne sais rien, ou pas grand chose. You know nothing, Marie-Aude...

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