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  • Marie-Aude P.

Moi aussi !

Quand je suis en voyage, j'essaie de continuer de lire et d'aller au cinéma. Ou du moins de regarder des oeuvres audiovisuelles. Il y a quelques semaines j'ai eu la (fausse ?) bonne idée de m'abonner à Netflix. Ceux qui me connaissent savent que je suis capable de dévorer une saison entière de n'importe quelle série en un seul week-end, ce n'était donc peut-être pas très raisonnable de ma part de me laisser un accès illimité à je ne sais même pas combien exactement de contenus audiovisuels, mais là n'est pas la question.

Sur Netflix on trouve de tout : du vieux comme du neuf, des séries et des films (de fiction, documentaire, d'animation), produits ou non par Netflix. Je l'avoue je me suis abrutie devant les 12 saisons de Bones, ou les 6 de New Girl. J'ai enfin pu trouver, après l'avoir cherché en vain partout plusieurs fois, LA série qui a révélé Seth Rogen, Jason Segel, James Franco, Busy Philipps ou John Francis Daley (qui exerce maintenant ses talents en tant que scénariste) et produite par Judd Apatow ( rien que ça...) Freaks And Geeks. Mais là n'est pas non plus la question.

Netflix produit aussi ses propres contenus et a fait parlé d'elle pour ça régulièrement. Pas seulement pour la qualité des contenus (on y reviendra) mais parce que la chaîne américaine bouscule régulièrement les codes du cinéma. Pourquoi ? Parce que les films qu'elle produit ne sont pas destinés à être diffusé dans des salles de cinéma. En soit, ce n'est pas nouveau : ils sont nombreux les films produits tous les ans à ne pas rencontrer leur public dans les salles et à sortir directement sur DVD. Là où Netflix a bousculé les choses c'est en 2017 : deux de ses films sont en compétition au Festival de Cannes. Stupeur et tremblement de l'écosystème Cinéma français ! La réglementation française impose en effet qu'un film, une fois distribué en salle, ne puisse pas être diffusé en ligne (dans l'immédiat). Il doit faire une première vie dans les salles, c'est l'exception française. En conséquence, le Festival de Cannes a d'ailleurs changé son règlement depuis. Mais, encore une fois, là n'est pas la question.

Mais quelle est la question au juste ? Patience, Petit Padawan, patience.

Cette semaine j'ai regardé un film, une production Netflix, un film français, par dessus le marché. Je l'ai regardé juste parce qu'il y avait Vincent Elbaz dans le rôle principal. Et moi j'aime bien Vincent Elbaz, depuis qu'il était Chabert dans Le Péril Jeune de Cédric Klapish. Au début je n'ai donc regardé que Vincent, sans même me soucier de lire le pitsch avant. Et puis ce film, Je ne suis pas un homme facile d'Éléonore Pourriat, s'est mis à résonner, avec d'autres choses que j'ai pu lire ou voir, et surtout avec la société qui l'entoure. C'est l'histoire d'un type, Damien, une quarantaine d'année, dragueur invétéré, célibataire endurci, sexiste et légèrement beauf', un type un peu relou, quoi. Un type comme il y en a beaucoup. C'est la star de sa boîte. Et puis un jour, après avoir pris un cou sur la tête, il se réveille dans un monde inversé : la France est devenue un Matriarcat où les femmes tiennent les rôles les plus importants de la société, jusqu'à la Présidence de la République et où les hommes s'épilent, se font siffler dans la rue, voire agressés sexuellement, et se regroupent dans des associations dites Masculistes. Tout cela pourrait paraître caricatural et le scénario est parfois un peu faible. Éléonore Pourriat avait d'ailleurs déjà abordé ce sujet dans son court métrage Majoritée Opprimée de manière un peu plus subtile à mon sens. Pourtant, dans notre société, les hommes tiennent les postes de pouvoir et les femmes s'épilent pour répondre aux injonctions de la mode, c'est un fait. Je ne dit pas que c'est le seul rapport de force entre hommes et femmes, mais cela existe beaucoup plus qu'on le croit, trop sans doute.

Comment on fait pour que ça change ? Comment on rétablit un équilibre entre les genres quand cela fait des millions d'années que la supériorité masculine a été imposée aux femmes ? Qui a eu le culot de décider que la femme serait le sexe faible ? Les hommes ont fait de la femme un objet parce qu'elle seule est capable de leur donner une descendance. Elle est précieuse et pour être sûr de la garder sous sa coupe, l'homme lui refuse les libertés qu'il accorde aux garçons. La religion en a rajouté une petite couche par dessus. En faisant naître Adam en premier et en le faisant donc l'aîné d'Eve elle impose un système de valeur entre Homme et Femme (Lire l'entrevue très intéressante de Françoise Héritier par Philosophie Magazine à ce sujet).

Ça prend du temps de changer les choses. De ma place j'ai parfois l'impression que c'est beaucoup trop lent tout ça. Et pourtant les choses n'ont jamais bougé aussi vite pour l'égalité entre homme et femme que ces 150 dernières années. A l'échelle de l'histoire de l'humanité on peut dire que les choses vont vite. Mais ce n'est pas encore assez rapide. Ces dernières années le bouleversement s'est accéléré, et des mouvements tels que #metoo ou #balancetonporc s'ils sont loin d'être parfaits ont tout de même apporté leur pierre à l'édifice.

Je n'aime pas beaucoup les petites cases que la société nous impose. Tu seras un homme ou une femme, mon enfant. Ton corps est fait pour enfanter, ma fille, pourquoi alors ne pas vouloir d'enfant ? Tu ne trouveras jamais un homme si tu ne t'épiles pas, ça tombe sous le sens ! Pour être belle tu dois être mince et musclée, fais donc du sport ! Fais des études pour bien gagner ta vie, fais carrière, achète une maison et un chien et reste là bien tranquillement.... Ne fais surtout pas de vagues.

Partout je vois pourtant la mer qui s'agite et ça fait du bien ! Ces femmes dans le monde entier qui s'élèvent contre le rang qu'on leur impose de tenir depuis toujours forment autant de gouttes d'eau qui se transforment en houle puis en vagues déchaînées ! La tempête vient...


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