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  • Marie-Aude P.

Les mitaines mortes se ramassent à la pelle

A Montréal, la vie suit tranquillement son court. La semaine de relâche du mois de mars se rapproche à grands pas ; De nouvelles boîtes pleines de vêtements d'allaitement sont arrivées dans l'entrepôt et ont été vidées... avant l'arrivée des prochaines boîtes ; Je bois un Chaï latte en pianotant sur l'ordinateur et en écoutant Edward Sharpe and the Magnetic Zeros ; Les écureuils grignotent allègrement tout ce qu'ils peuvent se mettre sous la dent.


Le printemps est encore loin et pourtant les températures cette semaine ont été particulièrement douces. Les marmottes les plus célèbres sont sorties de leurs tanières le 2 février et prédisent un printemps hâtif. Ma colocataire s'en réjouit, elle l'avoue, elle n'aime pas trop ces histoires de réchauffement climatique, mais elle aime encore moins le froid hivernal.



Moi, je crois que je me suis assez vite habituée. "C'est tout ?!?", me dis-je, "Déjà finis les -20°C, les 20 cm de neige dans la journée, les gens tellement emmitouflés sous leurs couches de vêtements chauds qu'on n'en discerne que le bout du nez ?" Il suffit de regarder la météo de la prochaine semaine pour se rendre compte que le printemps lutte fort pour s'imposer. On n'est pas à l'abri d'un retour en force de l'hiver, bien sûr, mais soyons honnête, d'ici quelques semaines le temps des chocolats chauds sous la couette à regarder tomber la neige par la fenêtre sera bel et bien révolu.



Montréal qui, il y a encore une semaine, paraissait si pure sous son beau manteau blanc, fait grise mine. Au fur et à mesure que la neige disparaît sur les trottoirs, réapparaissent toutes ces choses qui se sont laissées recouvrir avec les premières neiges : déchets, parapluies cassés, jouets d'enfants, bicyclettes, mitaines esseulées déposées sur les barrières dans l'espoir que peut-être leurs jumelles reviendront les chercher. Les tas de neige laissés un peu partout par les déneigeuses perdent en hauteur et sont passés d'un blanc immaculé à un gris terreux.



Cet environnement pourrait paraître morose à plus d'un. Pourtant, que j'aime flâner dans ces rues pour prendre des photos, découvrir là un café, ici une microbrasserie ! Goûter les bagels de la rue Saint-Viateur, et sont-ils meilleurs que ceux de la rue Fairmount ? Je fais attention au moindre détail, à cette personne qui prend le bus avec moi tous les jours et travaille dans le même quartier que moi, toujours avec ses écouteurs et son café à la main, quand je ne la vois pas je m'inquiète. Et tiens, avec la neige, jusqu'à maintenant je n'avais pas remarqué ces empruntes de main d'enfant dans le ciment....

Montréal et moi, on devient intime, elle me dévoile ses secrets, même les plus insignifiants, ceux qui nécessitent une attention toute particulière et rende la routine un peu plus belle.

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