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  • Marie-Aude P.

Gaspésie

Jour 1 :

Il s'en est fallu de peu que je ne parte pas en vacances. Avant d'aller quelque part, que ce soit loin ou pas trop, à partir du moment où j'ai beaucoup anticipé ce moment, j'angoisse toujours un peu avant le départ. Mon angoisse se traduit généralement par des rêves. En général je suis à l'aéroport, à l'heure, mais j'erre pendant des heures dans tous les terminaux sans jamais atteindre celui d'où je suis censée partir. Le même schéma peut bien sûr se reproduire avec le train, le bateau... Cette fois je n'ai pas fait de rêve, ce n'était peut-être pas de très bon augure. J'ai réservé une voiture de location par internet. Deux jours avant la prise de la voiture, j'ai reçu un rappel de réservation de l'agence, comme si j'avais besoin qu'on me rappelle de ne pas oublier de passer récupérer la voiture avant de partir, objet indispensable au bon déroulement de mes vacances.

En l'occurence, ce n'est pas moi qui avait besoin d'un rappel. Quand j'arrive à l'agence le dimanche matin, il n'y a pas de voiture pour moi. L'agent de réservation se veut rassurante, elle appelle son collègue, une voiture va être amenée en 20 minutes. Je serai normalement toujours dans les temps pour récupérer mes deux co-voitureuses, heureusement j'avais prévu les imprévus. Seulement après 20 minutes le collègue n'est toujours pas là. Après 25 minutes non plus.

Je dois mon salut à un client qui décide de ramener sa voiture de location à l'agence plutôt qu'à l'aéroport, quelle chanceuse je fais ! Le temps de donner un petit coup d'aspirateur dans la voiture, et me voilà partie avec tout juste une heure de retard. Et en une heure de temps, aucune trace du dit collègue et de la mystérieuse voiture...


Jour 2 :

Ce matin, la croisière aux baleines est une déception : pas de baleines à l’horizon, seulement quelques oiseaux qui s’envolent dans la brume, cormorans ou mouettes. Mais finalement ce n'est pas si grave. La mer n'est pas un zoo ! Elle reste imprévisible et c'est aussi bien comme ça. Je reste quand même agréablement surprise, je n'entends personne crier au scandale ou au "Remboursez !". A bord, les passagers sont Québécois, Canadiens, Français, mais surtout très majoritairement Chinois. Depuis cette année, ce sont les touristes chinois qui sont les plus nombreux à visiter le Canada, juste après les Américains et juste devant les Anglais. Pas vraiment étonnant, les communautés chinoises ont beaucoup contribué au développement de l'Amérique du Nord, dans les chemins de fer et les mines d'or, et beaucoup ont de la famille dans l'Ouest Canadien.

La sortie reste quand même très chouette. Première grande nouvelle, je ne suis pas malade. Je ne sais pas si ce sont les pastilles au gingembre que j'ai prises ce matin qui sont vraiment efficaces ou si j'ai soudainement le pied marin. Je pencherais plutôt pour le fait que la mer est calme. J'aimerais pourtant tellement arriver à la cheville de Pépé Jules le Cap Hornier.



En fin de journée, je décide d'aller me promener du côté de Saint-André de Kamouraska. En bonne fille de la côte que je suis, j'adore les phares. Il y en a un à Saint-André, il porte bien son nom, il s'appelle Petit Phare. Celui-ci est en fait inactif et sert de refuge ou d'aire de pique-nique. Mais il est tellement bien placé, au milieu d'un marais salé, sur le bord du Saint-Laurent. L'endroit est idyllique, un couple se prend d'ailleurs en photo, il a dû en voir d'autres, ce Petit Phare... Je voulais y attendre le coucher du soleil mais les maringouins ont raison de ma persévérance. Ils auront quand même eu le temps de me piquer 7 fois en quelques minutes.



Jour 3 :

J'ai prévu de relier Rivière-du-Loup à Gaspé, aujourd'hui. Ou plutôt l'Anse au Griffon, c'est là que se trouve l'Auberge de Jeunesse Griffon Aventure. Je sais que la route va être belle, elle longe la côte gaspésienne sur plusieurs centaines de kilomètres, entre fleuve Saint-Laurent et champs puis Parc National du Forillon. Mais pas de chance pour moi, je ne vois pas grand chose du paysage et je navigue à vue sous une pluie battante accompagnée sur une partie de la route par un joli brouillard.

Je m'arrête à Matane pour faire une petite pause goûter, à la boulangerie Toujours Dimanche. Je n'avais pas mangé un aussi bon scone depuis Cork !

Au bout de six heures de route, j'arrive péniblement à l'auberge. La salle commune a vue sur la mer. Je suis tellement fatiguée que je me couche à 19h30, après avoir quand même goûté une petite bière locale, la Léonne, de la Microbrasserie Le Naufrageur.


Jour 4 :

Du Levant au Couchant.

J'avoue j'avais un peu prévu mon coup. En me couchant à 19h30, je savais pertinemment que je serais levée très tôt le lendemain. Je règle donc mon réveil à 3h30. Oui, du matin. Je me réveille spontanément à 3h, m'habille, prend un rapide petit-déjeuner, avant de filer vers le Cap Bon Ami. De là je vais pouvoir monter jusqu'au point de vue qui se trouve en haut du Mont Saint-Alban pour admirer le lever du soleil sur la Pointe du Bout du Monde et le Cap Gaspé.

Je l'avoue je suis un peu froussarde. Je suis autant fasciné par les ours que j'en ai peur. Alors j'aimerais éviter d'en croiser fortuitement. Je suis donc les conseils qu'on m'a donné : faire du bruit en marchant pour les prévenir de mon arrivée. Il parait qu'ils sont aussi peureux que moi et devrais s'éloigner en entendant une voix humaine. Seulement voilà, la randonnée monte méchamment ! Je ne vais pas pouvoir chanter tout le long du chemin. Comme je suis absolument seule, je mets donc une de mes playlists sur le haut parleur de mon téléphone et c'est sur l'air de Mrs Robinson de Simon and Garfunkel que j'entame la montée.

En haut, Arcade Fire, et au loin le bruit des vagues et des oiseaux, accompagne le soleil qui se lève. La vue est incroyable, je me sens privilégiée d'être là. C'est paisible et envoutant, la Pointe du Bout du Monde change de couleur petit à petit.



Le soir, je termine le cycle et vais admirer le coucher du soleil depuis le Cap Gaspé, au Bout du Monde, celui-là même que j'admirais la matin depuis le Mont Saint-Alban. Tout le long du chemin, la vue sur la Baie de Gaspé est magique et en retournant vers la voiture j'aperçois de nombreux phoques. Ils plongent et émergent de l'eau régulièrement, sans doute à la recherche de nourriture. Je les envie, moi aussi j'aimerais avoir une maison avec vue sur la Baie de Gaspé.



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